Jellyfin, le Netflix du homelab
Un Netflix perso avec mes séries, mes jaquettes et mes résumés, sans abonnement et sans cloud. Pourquoi Jellyfin a dépassé Plex, et sur quelle machine le faire tourner.
On a tous une petite collection de séries et d’animés à la maison. Récupérée légalement bien sûr, sur des sites de téléchargement légaux, ou rippée soi-même à partir de ses propres disques ^^. Le souci c’est pas de l’avoir : c’est de la regarder dans de bonnes conditions sur sa télé, avec une interface qui donne envie.
Parce qu’on a tous pris l’habitude avec Netflix. Un truc fluide, joli, où tu retrouves toutes tes séries et tes films au même endroit. Tu choisis, t’as le résumé, la jaquette, les acteurs, parfois même la bande-annonce. C’est vraiment bien fait. Et à l’époque c’était même pas cher.
Sauf qu’il y a des gens qui ont voulu garder leur indépendance là-dessus. Ne pas payer dix abonnements différents pour retrouver le catalogue qu’ils avaient déjà chez eux. C’est comme ça que Plex est né.
Plex, le roi qui doit tomber
Alors pourquoi je vous parle de Plex dans un article sur Jellyfin ? Parce que dans les serveurs multimédia, Plex domine le marché. C’est le premier, c’est le roi. Mais le roi doit tomber, et il va forcément tomber.
Petit point d’histoire. Plex est né pour répondre au besoin, et en face il avait un concurrent direct : Emby. Libre, mais piloté par une boîte, et qui avançait moins vite. Plex était gratuit mais fermé, Emby était libre avec quelques options payantes ou à compiler soi-même.
Et puis Plex a mis des prix. Un abonnement, puis un pass à vie. Et ce pass à vie, regardez le chemin qu’il a fait :
| Quand | Le pass à vie |
|---|---|
| 2012, au lancement | 74,99 $ |
| Les années d’après | environ 120 $ |
| Avril 2025 | 249,99 $ |
| 1er juillet 2026 | 749,99 $ |
Fois dix. Oui oui, fois dix. Pour regarder des fichiers qui sont sur ton disque dur, chez toi. Ils ont même sorti un pass cinq ans à 249,99 $ dans la foulée, histoire de rattraper ceux que le prix à vie a fait fuir.
Emby, lui, a essayé de s’en sortir mais n’a jamais trouvé son modèle économique. Fin 2018, il a fermé son code. Et c’est exactement là que Jellyfin est né : un fork d’Emby, lancé en décembre 2018, à partir de la dernière version encore libre.
Aujourd’hui, Jellyfin a largement dépassé Emby. Et selon moi il a aussi largement dépassé Plex. Plex garde son avance parce qu’il est le plus ancien et que beaucoup de gens ont un pass à vie. Mais il est moins ouvert, moins simple à configurer, et je trouve qu’il a finalement moins de fonctionnalités. Pendant ce temps Jellyfin évolue tellement plus vite que c’est ouf.
Plex, c’est l’Internet Explorer du serveur multimédia. Mdr.
Un serveur multimédia, c’est quoi au juste
C’est un Netflix perso. Et pour l’utiliser il te faut deux choses.
D’abord un serveur : c’est lui qui héberge tes médias, qui les range, les trie, les décrit, les détaille, et les prépare à être lus. Ensuite un client pour lire tout ça, à distance. À distance, oui, mais à distance ça peut très bien être ton serveur qui est à deux mètres dans le meuble d’à côté.
Des clients, il y en a de toutes sortes. Sur TV LG, tu l’installes directement (et si tu la rootes, il y a même des alternatives). Sur Android, il y a une pléiade d’applis en plus de l’officielle, qui marche déjà très bien. Sur certains Samsung et sur les autres télés, il faut juste tripatouiller un peu. Et bien sûr il y a le client web : tu ouvres une page, et ça marche.
Le serveur, c’est ça la différence avec un lecteur comme VLC, ou même avec Kodi qui est très connu. Kodi, il est le client et le serveur à la fois. Tu dois limite avoir un Kodi par appareil. Alors qu’avec Jellyfin, là tout de suite, mon fils regarde Il était une fois la vie sur sa tablette pendant que je regarde House of the Dragon sur la télé. Il est pas dans la même pièce que moi je vous rassure mdr.
Ce que ça donne une fois rangé

En face tu te retrouves avec la liste de tes médias préférés, rangée comme tu veux. Il détecte automatiquement le film, la jaquette, l’épisode, les détails, la description, les vignettes, les chapitres, la bande-annonce. Tout.
Et tu peux aussi tout ajuster à la main pour bien ranger, si t’es monomaniaque comme moi. Avoir tous les épisodes spéciaux, et même la petite vidéo bonus trouvable uniquement sur des sites de vidéo perdus au fin fond d’internet.
Il y a aussi des plugins : sous-titres automatiques, webhooks, Trakt.tv. Par rapport aux concurrents, il est hyper facile à ranger, à éditer, à ajuster les métadonnées comme on veut. C’est énorme et c’est très bien fait.

Le transcodage, le seul truc qui coûte cher
Alors est-ce que tout est parfait ? Oui et non. Jellyfin peut être assez gourmand, et surtout sur une chose : le transcodage. Ce qui n’est pas obligatoire, et c’est pareil chez Plex ou Emby.
En gros, si le client est pas capable de lire le codec de la vidéo, ou s’il veut une résolution plus faible parce qu’il a un débit de merde, alors Jellyfin est capable de transcoder la vidéo à la volée. Il repasse le média dans le bon codec en temps réel, et le client y voit que du feu.
Sauf que transcoder, ça se paye en CPU. Sauf si tu laisses le boulot à une puce faite pour ça.
Le matériel : pourquoi j’ai pris un N100
On va vous conseiller un PC correct avec une carte NVIDIA, parce qu’elles sont assez balèzes pour faire ça. Et c’est vrai, ça marche très bien.
Mais moi j’ai visé une autre approche : un mini PC en N100, avec sa carte graphique intégrée. Elle décode de l’AV1, du H.265 et bien sûr du H.264 (celui que réclament tous les clients ou presque) ultra rapidement. Et il y a un truc auquel tout le monde pense pas : il consomme entre 11 W et 30 W au pire des moments. C’est minuscule.
Un Raspberry Pi 4 est vraiment limite, mais il a au moins un bloc de décodage et d’encodage H.264. Pas hyper fiable, mais ça marchera. Par contre je déconseille énormément le Pi 5 : il n’y a plus du tout d’encodage H.264 dessus. Pour un serveur multimédia c’est rédhibitoire.
Le N100 est limite fait pour ça. C’est plutôt magique. C’est d’ailleurs la machine dont je vous parlais dans l’article sur Home Assistant : je l’ai gardée pour Jellyfin.
L’installer, en Docker évidemment
Et bien sûr, Portainer c’est l’idéal, ou en Compose direct. Le compose de base tient en quelques lignes, il vient de la doc officielle :
services:
jellyfin:
image: jellyfin/jellyfin
container_name: jellyfin
user: 1000:1000
ports:
- 8096:8096/tcp
- 7359:7359/udp
devices:
- /dev/dri:/dev/dri
volumes:
- /chemin/vers/config:/config
- /chemin/vers/cache:/cache
- type: bind
source: /chemin/vers/mes/medias
target: /media
restart: unless-stopped
La ligne devices avec /dev/dri, c’est ce qui donne au conteneur l’accès à la puce graphique. Sans elle, pas d’accélération matérielle, et c’est ton processeur qui va souffrir.
Chez moi, je monte les disques de mon NAS en NFS (faut aussi que je vous fasse un tuto là-dessus). Mais sinon un accès aux fichiers quelconque suffit. Attention par contre : Jellyfin ne gère pas les volumes distants tout seul. Il faut que le montage soit déjà fait côté machine. NFS ou CIFS, c’est parfait.
Ensuite tu accèdes à http://adresse-du-serveur:8096, tu suis l’assistant, tu pointes tes dossiers, et il fait le reste. Après ça tu peux connecter ton client sur ton téléphone, ta télé, ce que tu veux.
Libre, gratuit, et vraiment
C’est libre, c’est gratuit, sans option d’abonnement caché (oui Plex, on te voit). Et ça marche vraiment bien.
Si vous avez une collection qui traîne sur un disque dur et que vous la regardez encore en branchant une clé USB sur la télé, essayez. Vous reviendrez pas en arrière.
Image d’en-tête générée par IA.
SmeagolWorms4
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